A VOUS DE JUGER LE CSA

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a publié hier un communiqué dans lequel « il regrette les conditions dans lesquelles la chaîne France 2 a été contrainte de présenter aux téléspectateurs l’émission A vous de juger le jeudi 14 janvier 2010. »

Le CSA rappelle qu‘il est « chargé par la loi d’assurer le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les programmes audiovisuels » et qu’il « est très attentif à ce que les auditeurs et les téléspectateurs soient mis à même de se forger leur propre opinion. »

Le CSA estime que, « en faisant savoir par un communiqué de presse publié après le début de l’émission qu’il ne participerait pas à celle-ci contrairement à ce qui avait été prévu et annoncé, et en empêchant ainsi la rédaction de faire appel à un autre représentant du même parti, l’un des invités a privé  la chaîne, au détriment des téléspectateurs, de faire vivre le débat démocratique dans une émission destinée à l’information du public. »

Sans prendre position sur l’attitude de Vincent Peillon, le SNJ-CGT s’étonne que le CSA ne fustige pas l’organisation d’un débat centré d’abord autour du ministre des expulsions et de la représentante d’un parti faisant du racisme et du populisme de bas étage son fonds de commerce. On peut rêver mieux en matière de « débat démocratique ».

Le SNJ-CGT s’étonne aussi que le CSA n’ait pas relevé qu’un tel débat a été organisé en pleine campagne gouvernementale sur l’identité nationale aux forts relents pétainistes.

Au lieu de cela, le CSA « rappelle que le choix des sujets et des invités, ainsi que les conditions du déroulement d’une émission, relèvent de la seule liberté éditoriale  des chaînes. » Le CSA rappelle aussi qu’il est le « garant du respect de l’équilibre des temps de parole dans les médias audiovisuels », alors que les faits sont en totale contradiction avec ces belles déclarations de circonstance.

Le SNJ-CGT s’insurge contre l’argument du CSA selon lequel « ces faits risquent de rendre plus complexe le travail accompli par la rédaction de France 2 pour se conformer aux règles qu’il a fixées, et notamment pour permettre à l’opposition parlementaire de bénéficier de ses droits à l’expression dans les émissions d’information de la chaîne.

Un tel argument vole au secours d’une directrice de l’information du service public de télévision, qui est de plus en plus aux ordres du pouvoir sarkozyen et pour laquelle « l’opposition parlementaire » est circonscrite à quelques représentants d’un seul parti.

Pour le SNJ-CGT ce communiqué discrédite le CSA et ses membres et ne disculpe en rien la direction de l’information de la télévision publique.

Le CSA a failli une fois encore à sa mission : sa composition, nullement démocratique, en fait un organisme de justification de toute la politique de confiscation de l’information par une seule famille politique.

 Montreuil, le 21 janvier 2010

 

 Syndicat national des journalistes CGT  263, rue de Paris –  Case 570 – 93514 Montreuil Cedex 

Tél.: 01 48 18 81 78 - Télécopie :  01 48 51 58 08 - site Internet : Le SNJ-CGT

 

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