PHOTOJOURNALISME: MITTERRAND REFLECHIT A UNE "CAISSE DE COMPENSATION", GAMMA LA REFUSE
Le 7 octobre, le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a affirmé devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale que le photojournalisme était "indispensable" au paysage culturel de la France et qu'il fallait "une énergie farouche pour faire comprendre que ce genre n'était "pas foutu".
Il a aussi évoqué la création d'une "caisse de compensation" pour aider les photojournalistes "ravagés par la crise", notamment ceux de l'agence Gamma qui font l'objet d'un plan social. Celle-ci permettra, selon lui, d'aider les photojournalistes et de leur servir d'agence pour trouver des débouchés supplémentaires.
Interrogé sur l'agence Gamma, dont les 32 salariés et 14 photographes vont être licenciés, le ministre a estimé qu'il s'agissait d'un "cas particulier" tout en critiquant la gestion de l’agence "Il n'est pas impossible que Gamma se soit retrouvée dans une situation globalement défavorable au photojournalisme", mais aussi "dans une situation propre où peut-être la gestion n'a pas été suffisamment efficace".
Le 8 octobre, en réponse aux propos du ministre, le groupe Eyedea, qui coiffe l'agence Gamma, en redressement judiciaire, s'est dite opposée jeudi à la création d'une "caisse de compensation" pour aider les photojournalistes.
"Nous ne pensons pas que cette proposition d'une caisse de compensation qui servirait d'agence soit une réponse adaptée à l'avenir du photojournalisme et à son besoin d'indépendance et de liberté d'expression", a affirmé le patron d'Eyedea, Stéphane Ledoux, dans un communiqué.
Il "s'étonne" également que Frédéric Mitterrand "puisse s'exprimer sur la gestion" de Gamma "alors même que malgré nos sollicitations répétées, nous n'avons pu obtenir de rendez-vous avec lui".