POURQUOI L'AFP DOIT CONSERVER SON STATUT (fin)
Abandon du plan Louette puis table ronde
L'intersyndicale toutes catégories de l'AFP a lancé une pétition http://www.sos-afp.org/ qui a recueilli à ce jour près de 20.000 signatures dont :
Henri Alleg, Kader Arif, Florence Aubenas, J.M. Ayrault, Raymond Aubrac, Martine Aubry, F. Bayrou, Patrick Bloche, Hervé Bourges, Rony Brauman, M.G. Buffet, J.P. Chevénement, Pierre Cohen, Bertrand Delanoë, Cécile Duflot, Laurent Fabius, Susan George, Stéphane Hessel, François Hollande, Théo Klein, Jack Lang, Catherine Lemorton, Martine Martinel, Fédérico Mayor, Danielle Mitterrand, Gilbert Mitterrand, Ségolène Royal, Catherine Tasca, Catherine Trautman, Dominique Voynet, etc. plus tous les dirigeants syndicaux.
Patrick Bloche, député de Paris, a saisi le 15 septembre dernier, au nom du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Madame Michèle Tabarot, Présidente de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation, «pour qu'elle prenne une initiative visant à la création d'une mission d'information sur l'évolution du statut de l'AFP ou à l'organisation rapide d'auditions de la Commission permettant d'éclairer la représentation nationale sur les enjeux de la réforme annoncée».
Mme Tabarot a répondu que «la Commission des Affaires culturelles et de l'Education de l'Assemblée nationale mènera toutes les auditions nécessaires, afin d'être informés des enjeux et des interrogations suscités». Elle propose que «ces auditions puissent débuter avant que le projet de loi ne soit présenté afin que nous ayons l'opportunité de travailler en amont (sic) sur cette réforme.»
Le PDG, Pierre Louette, s'est dit «disposé à éclairer les députés de la façon la plus complète possible sur les enjeux de cette réforme qu'(il) appelle de (ses) vœux».
Les personnels eux exigent majoritairement l’abandon du plan puis une table ronde afin d’être représentés par leurs élus dans le débat. Le 16 septembre, avant une grève de 6 heures suivie très largement par l'ensemble des salariés, l'intersyndicale (CGT, SNJ, FO, Sud) de l'AFP toutes catégories a exigé :
L'abandon du projet de réforme transformant l'AFP en société anonyme, fût-ce à capitaux publics, puis la convocation d'une table ronde pour examiner les moyens permettant à l'AFP de continuer à remplir ses missions sous son statut actuel.
Cette table ronde réunirait des représentants de l'Etat, de la presse, des commissions parlementaires concernées (majorité et opposition), de la direction de l'AFP, des syndicats nationaux et de leurs sections syndicales AFP.
On connaît l'état des médias en France, les concentrations de presse aux mains de quelques d'industriels amis du pouvoir, les nominations par le plus haut niveau de l'Etat dans le secteur public audiovisuel.
L'AFP est l'un des derniers «bastions» de liberté de la presse où encore les journalistes peuvent effectuer leur travail de collecte et mise en forme de l'information sur les cinq continents, sans pression ni économique ni politique.
L'impact d'une dépêche AFP dans les rédactions est tel que l'Agence ne peut être livrée à des intérêts partisans avec tous les risques d'occultation de pans entiers de l'actualité qui en découleraient. La parole de la minorité parlementaire et des mouvements sociaux en seraient les premiers touchés.
La transformation et le changement de statut de l'AFP conduirait à un déni de démocratie du fait d'une reprise en main idéologique par le pouvoir politique. Que ce soit par l' «étatisation» dans un premier temps (société anonyme à capitaux publics) ou la privatisation (à des grands groupes privés) dans un second temps.
A l'heure de l'explosion de sources d'informations non fiables, non traçables et non vérifiés, «le brouhaha des blogs, des tweets et des formules» comme le décrit le président américain Barack Obama, il est fondamental que seule une information digne de confiance et indépendante existe encore.
« le choix entre profit et progrès est un mauvais choix, l'âge d'or du journaliste reste à venir »
(Barack Obama, président américain)